grèce 177

  Ce matin, je ne pense pas ou si peu. J'ai de l'ébène dans les yeux. Qu'y a-t-il au-delà de l'épaisseur des murs ? Un monde épais, glauque, incommensurable, dégoulinant, gluant. Je le sais, je le sens. Il est là, il passe malgré mes constructions de murs empilées, entassées, cimentées de temps, de force, de larmes et de vent. Je m'enlise, m'étouffe dans tes mouvances, dans tes assauts, impalpables et pourtant si pesants, si lourds en moi, sans cesse renouvelés, répétés... A mes cris, indifférentes, tes déferlantes, mes noyades... M'épuisent, me renversent. Je n'arrive plus à faire taire ton tourment par le silence des choses.

  Tout me semble vain, me désarticule.

La lune est rouge sang derrière le chêne. Je l'ai respirée sans pouvoir la prendre... Sans même un cri, louve errante dans la nuit..

 Ce matin encore..

 

je cherche

la trace du jour

il me vient,

me revient

toujours

le fil

l'indicible

possible

de vivre

malgré toi

 

chemin 3-01 081